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Drapeau espagnol flottant au sommet d'un bâtiment officiel orné de statues
Actualité 10 octobre 2026 Par Maxime Gondoux

Élections anticipées en Espagne le 29 novembre 2026 : comprendre la crise politique et les partis

Pedro Sánchez convoque des législatives anticipées le 29 novembre 2026. Pourquoi, quels partis, comment se forme un gouvernement et ce que cela change pour les expatriés.

Vivre en Espagne décrypte l'actualité pour vous aider à comprendre le pays où vous vivez ou allez vivre.

Le 5 octobre 2026, Pedro Sánchez a annoncé la dissolution des Cortes Generales et la convocation d'élections législatives anticipées le dimanche 29 novembre 2026, la première date permise par la loi électorale. Le président du gouvernement avait auparavant informé le roi Felipe VI.

Cette décision intervient trois jours après le rejet par le Congrès des députés de deux décrets sur le logement, adoptés dans la foulée de l'affaire Maricarmen. Voici comment on en est arrivé là, qui sont les partis en présence, comment fonctionne le système et ce que cela change pour vous.

Pourquoi des élections anticipées ?

Après l'expulsion de Maricarmen, une Madrilène de 87 ans, et les manifestations qui ont suivi, le gouvernement a adopté le 29 septembre deux décrets-lois sur le logement : protection des ménages vulnérables face aux expulsions, nouvelles règles de location et mesures fiscales. Un décret-loi s'applique tout de suite, mais doit être validé par le Congrès dans le mois.

Le 2 octobre, les deux textes ont été rejetés, par 178 voix contre 172 pour le premier et 184 contre 166 pour le second. Le PP, Vox, Junts et UPN ont voté contre les deux. Le PNV et Coalición Canaria, qui avaient soutenu le premier, ont voté contre le second. Cet échec a confirmé que la coalition au pouvoir ne disposait plus d'une majorité stable, et Pedro Sánchez a choisi de retourner aux urnes.

Bon à savoir

Pedro Sánchez ne démissionne pas : il reste président du gouvernement et continue de diriger le pays jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement. Les administrations, les services publics et les démarches fonctionnent normalement pendant la campagne.

Les forces en présence

Pour situer chaque parti, voici les résultats des dernières législatives, en juillet 2023, et la tendance des sondages publiés début octobre 2026.

PartiOrientationRésultat 2023Sondages (octobre 2026)
PP (Partido Popular)Droite33,1 %, 137 siègesAutour de 32 à 34 %, en tête
PSOE (Partido Socialista Obrero Español)Centre gauche31,7 %, 121 siègesAutour de 26 à 27 %
VoxDroite radicale12,4 %, 33 siègesAutour de 18 à 19 %
Sumar (Frente Amplio)Gauche12,3 %, 31 sièges (avec Podemos)Autour de 5 à 7 %
PodemosGauche radicaleInclus dans SumarAutour de 2 à 3 %

Les instituts privés placent tous le PP en tête, et la plupart projettent une majorité absolue pour le PP et Vox réunis. Le baromètre public du CIS donne un tableau très différent, avec le PSOE devant. Les sondages restent des estimations, à sept semaines du scrutin.

Le PSOE et Pedro Sánchez

Pedro Sánchez est président du gouvernement depuis juin 2018 et secrétaire général du PSOE, le grand parti de centre gauche. Il dirige une coalition avec Sumar, minoritaire au Congrès, qui dépendait du soutien de plusieurs partis régionaux. Le PSOE fait du logement le thème central de sa campagne : protection des locataires, lutte contre les expulsions, régulation du marché.

Sumar, devenu Frente Amplio

Sumar est la coalition de gauche partenaire du PSOE au gouvernement. Sa fondatrice, la ministre du Travail Yolanda Díaz, a annoncé qu'elle ne serait pas candidate. Ses composantes, dont Izquierda Unida, Más Madrid et les Comuns de Catalogne, doivent lancer le 17 octobre une nouvelle candidature commune sous le nom de Frente Amplio.

Podemos

Fondé en 2014, Podemos a été la troisième force du pays à la fin des années 2010. Il s'est séparé de Sumar après les élections de 2023 et pèse aujourd'hui peu dans les sondages. Une candidature commune avec Frente Amplio reste évoquée, sans être acquise.

Le Parti populaire

Dirigé par Alberto Núñez Feijóo, le PP est le principal parti de droite et arrivait déjà en tête en 2023, sans parvenir à former un gouvernement faute d'alliés suffisants. Il défend une ligne libérale en économie et plus ferme sur la sécurité et l'immigration. Selon la plupart des sondages, il aurait besoin de Vox pour atteindre la majorité.

Vox

Fondé en 2013 et dirigé par Santiago Abascal, Vox est un parti de droite radicale, nationaliste et favorable à un État plus centralisé, avec une ligne restrictive sur l'immigration. C'est le parti qui progresse le plus depuis 2023 : environ six points de plus dans les sondages.

Les partis régionaux

Leur poids est décisif quand aucun bloc n'a la majorité. En Catalogne, Junts, le parti indépendantiste de Carles Puigdemont, a voté contre les décrets sur le logement, et ERC reste un allié habituel de la gauche. Au Pays basque, le PNV, conservateur et régionaliste, et EH Bildu, à gauche, comptent aussi. D'autres partis représentent la Galice (BNG) ou les Canaries (Coalición Canaria). Pour comprendre ce découpage, lisez notre article sur l'organisation territoriale de l'Espagne.

Comment fonctionne le système politique espagnol

L'Espagne est une monarchie parlementaire : le roi est le chef de l'État, le président du gouvernement dirige l'exécutif. Le Parlement, les Cortes Generales, compte deux chambres :

  • Le Congrès des députés : 350 députés élus à la proportionnelle dans 52 circonscriptions (les 50 provinces, plus Ceuta et Melilla). C'est lui qui investit le président du gouvernement et vote les lois. La majorité absolue est de 176 sièges.
  • Le Sénat : chambre de représentation territoriale, élue en même temps, avec un rôle plus limité.

Le vote se fait par province, ce qui avantage les grands partis et les partis bien implantés dans une région, et désavantage les petites listes nationales.

La formation du gouvernement

Après le scrutin, le roi consulte les partis et propose un candidat. Au premier vote d'investiture, celui-ci doit obtenir la majorité absolue (176 voix). À défaut, un second vote a lieu 48 heures plus tard, où il suffit d'avoir plus de oui que de non. Si aucun candidat n'est investi dans les deux mois qui suivent le premier vote, de nouvelles élections sont convoquées. C'est ce qui donne autant de poids aux petits partis : leurs voix, ou leur abstention, font souvent la différence.

Les enjeux de la campagne

Le logement dominera la campagne, après les manifestations qui ont suivi l'expulsion de Maricarmen, puis son décès le 7 octobre. L'immigration, la fiscalité, le pouvoir d'achat, la sécurité, la corruption et les relations avec les régions, en particulier la Catalogne, seront aussi au cœur des débats. Les partis publieront leurs programmes pendant la campagne : ce sont eux qu'il faudra lire pour mesurer les changements possibles.

Ce que cela change pour les expatriés

Pouvez-vous voter ?

Non, si vous êtes français, belge, suisse ou canadien : les législatives espagnoles sont réservées aux citoyens espagnols. En revanche, un citoyen de l'Union européenne qui réside en Espagne peut voter aux élections municipales et européennes, à condition d'être inscrit sur le recensement électoral de sa commune, ce qui suppose d'être inscrit au padrón (l'empadronamiento). Vous pouvez aussi continuer à voter aux élections de votre pays d'origine, par exemple au consulat pour les Français inscrits au registre consulaire.

Pendant la campagne

Le gouvernement sortant gère les affaires courantes. Les réformes en cours, dont celles sur le logement, sont à l'arrêt jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement : pour louer, ce sont les règles actuelles de la loi sur les baux urbains qui s'appliquent, détaillées dans notre article sur la crise du logement. Vos démarches (NIE, empadronamiento, banque, santé) ne sont pas affectées.

Après le scrutin

Selon la majorité qui se dégagera, les orientations pourront changer sur le logement, la fiscalité, l'immigration ou l'investissement public. Mieux vaut suivre ces évolutions sans les surinterpréter : l'Espagne reste une démocratie stable, membre de l'Union européenne, et les règles qui vous concernent le plus (droit au séjour des Européens, conventions fiscales, coordination de la sécurité sociale) relèvent largement du droit européen ou d'accords internationaux.

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Questions fréquentes

Quand ont lieu les élections législatives anticipées en Espagne ?

Le dimanche 29 novembre 2026. Pedro Sánchez les a annoncées le 5 octobre, après le rejet par le Congrès de deux décrets sur le logement.

Un Français installé en Espagne peut-il voter aux législatives espagnoles ?

Non. Elles sont réservées aux Espagnols. Un citoyen européen résident peut en revanche voter aux municipales et aux européennes en Espagne, s'il est inscrit sur les listes électorales de sa commune.

Pedro Sánchez reste-t-il au pouvoir pendant la campagne ?

Oui. Il reste président du gouvernement et gère les affaires courantes jusqu'à l'investiture d'un nouveau gouvernement.

Combien de sièges faut-il pour gouverner ?

Le Congrès compte 350 députés, la majorité absolue est de 176. Un candidat peut aussi être investi au second vote avec plus de oui que de non.

Les démarches administratives sont-elles suspendues ?

Non. NIE, empadronamiento, inscription à la sécurité sociale ou ouverture d'un compte bancaire se font normalement pendant la campagne.

En résumé

Les élections du 29 novembre 2026 sont nées de la crise du logement et d'une majorité parlementaire devenue introuvable. Les sondages donnent le PP en tête, avec Vox en forte progression, mais le résultat dépendra aussi des partis régionaux. Pour un expatrié, l'essentiel ne change pas du jour au lendemain : vos droits et vos démarches restent les mêmes. Suivez les programmes, et pour vos décisions concrètes, appuyez-vous sur des données fiables et des professionnels de confiance.

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